Metz en septembre 1944

Publié le par liberation-de-metz-1944

http://farm6.static.flickr.com/5025/5593507098_643803308f_m.jpgLa IXe armée américaine organise un bombardement massif des voies de communication entre Pont-à-Mousson et Thionville, dans la journée du 1er septembre 1944. Alors que les forts résistent bien aux bombes incendiaires, de nombreux dépôts militaires sont touchés. Le dépôt de munitions du bois de l’hôpital notamment, près de Chesny, brûlera pendant près d’une semaine. Le 2 septembre 1944, Metz est déclarée forteresse du Reich par Hitler. La place forte doit donc être défendue jusqu’à la dernière extrémité par les troupes allemandes, dont les chefs ont tous prêté serment au Führer.

 

http://farm6.static.flickr.com/5101/5593400896_9213bbe83c_m.jpgDans le même temps, Himmler, qui connaît bien les fortifications du West-Metz pour les avoir inspectées quatre ans plus tôt, reprend les choses en mains. Himmler, qui avait par ailleurs inspecté l’école des élèves officiers de Metz le mois précédent, avait déjà insisté, dans son discours, sur la nécessité vitale de freiner l’avance des Alliés, en attendant la production imminente d’une nouvelle arme secrète, la fusée V2, censée changer le cours de la guerre. Le Reichsführer met donc ses hommes à tous les postes clés des administrations civiles et militaires, et les nazis reviennent en force dans la cité messine.

 

http://farm6.static.flickr.com/5097/5592807329_2d7201b7d1_m.jpgLe lendemain, le 3 septembre, le général krause, alors commandant de la place forte de Metz, établit son poste de commandement principal ( Oberkommando ) dans la caserne du fort Alvensleben. Le fort de Plappeville était en effet situé au centre du dispositif défensif de Metz, avec à l’ouest le fort Manstein ( Girardin ), tenu par le colonel SS Joachim von Siegroth, au nord le fort Zastrow ( Les Bordes ) tenu par le colonel SS Wagner et au sud le fort Prinz August von Württemberg ( St-Privat ) tenu par le colonel SS Ernst Kemper. Le jour même, les troupes du général Krause prennent position sur une ligne allant de Pagny-sur-Moselle à Mondelange, en passant à l’ouest de Metz par Chambley, Mars-la-Tour, Jarny et Briey. Le 4 septembre, les bataillons de pionniers de la 462e division sont chargés de la destruction des ponts routiers et des ponts de chemin de fer, au dessus de la Moselle et à la périphérie de l’agglomération messine.

La première attaque est lancée par la Ve division d’infanterie américaine, commandée par le général de division Leroy Irwin. Lors d’une opération de reconnaissance en direction de la Moselle, des éléments blindés du XXe Corps américain entrent en contact avec des éléments de la 462e division, le 6 septembre 1944. Les forces américaines, qui n’avaient pas prévu de rencontrer tant de forces allemandes dans ce secteur du front, commencent alors à se regrouper, en rassemblant leurs unités dispersées. Plusieurs accrochages ont lieu après cette première rencontre. Sous la pression des troupes américaines, les éléments de la 462e division se replient sur un périmètre plus restreint, allant de Novéant à Hauconcourt et passant par Vionville et Saint-privat.

 

http://farm6.static.flickr.com/5104/5593400898_46a60d7169_m.jpgLe sud de Metz est tenu par le bataillon Berg de l’école des transmissions SS de Metz, qui soutient le bataillon d’instruction Vogt, malmené par les unités américaines de la Ve D.I. américaine dans le secteur d’Ars-sur-Moselle. À la droite du bataillon Vogt, le régiment de l’école des élèves officiers de Metz, commandé par Stössel, s’étire entre Gorze et Saint-Privat. Bien équipé en mitrailleuses lourdes et en pièces d’artillerie de campagne, notamment russes, ce régiment est composé au trois-quarts de junkers ayant combattu sur le front de l’Est et d’un quart de junkers issus des « Jeunesses hitlériennes ». Sur l’aile droite de ce régiment, dans le secteur de Sainte-Marie-aux-Chênes, est positionné le régiment de sécurité no 1010 du colonel Richter, immédiatement soutenu par le régiment de l’école des chefs de groupe dont la ligne de front s’étire jusqu’à Maizières-lès-Metz et Hauconcourt.

http://farm6.static.flickr.com/5175/5593410676_9d97b18b34_m.jpgLes bombes incendiaires étant inefficaces sur les fortifications souterraines ou à demi enterrées de la ceinture fortifiée de Metz, l’armée américaine comprend qu’il faudrait prendre les forts d’assaut, un à un. Or les forts du secteur sont défendus par des vétérans du Front de l’Est, soldats fortement motivés et déterminés. L'État-major américain préfère donc adopter une tactique d’encerclement, visant à contourner Metz au nord et au sud de la ville. Testant les défenses du secteur fortifié de Metz, les troupes US tentent d’abord de s’emparer d’une tête de pont au nord de Metz. Cette attaque, repoussée par les "chefs de groupe" du colonel Wagner, se solde par un échec. Une percée sera effectuée plus tard, plus au nord, vers Mondelange et Thionville, mais ne sera pas exploitée par le commandant du XXe corps US. Une seconde opération, dirigée frontalement sur la ville de Metz, se solde aussi par un échec, les patrouilles se heurtant à un mur de feu devant le fort jeanne d’Arc tenu par les junkers SS de Siegroth.

Une troisième tentative des forces américaines permettra toutefois aux Alliés d’établir une tête de pont sur la Moselle, au sud de Metz. Les 6 et 7 septembre 1944, la VIIe division blindée et la Ve division d’infanterie américaines attaquent en effet en force au sud de Metz, dans le secteur allant de Ancy-sur-Moselle à Arnaville sous le feu des forts Driant sur la rive ouest, Sommy et Saint-Blaise sur la rive est de la Moselle. Les lignes allemandes sont enfoncées dans le secteur de Mars-la-Tour jusqu’à Gravelotte et dans celui de Chambley jusqu’à la Moselle, de Dornot à Pagny-sur-Moselle. Des soldats de la 5e division d’infanterie américaine réussissent à traverser la Moselle, dans la nuit, dans des conditions extrêmes, brisant ainsi la résistance allemande dans le secteur de Dornot. Une tête de pont est enfin établie sur la rive est de la Moselle.

http://farm6.static.flickr.com/5150/5593385186_8b36f80c98_m.jpgComprenant que les défenses de Metz peuvent non seulement être contournées par le sud, mais aussi prises à revers par l’est, le Generalleutnant Krause quitte le fort de Plappeville pour se rendre sur place et constater l’étendue du péril. Il demande d’urgence l’appui des Panzers de la 17e Panzer-Grenadier-Division qui se replient depuis quelques jours vers Kaiserslautern. Le 37e SS Panzer-Grenadier-Regiment appartenant à la célèbre division blindée arrive en hâte de Boulay, entrant immédiatement dans le feu de l’action dans le secteur de Jouy-aux-Arches et Corny-sur-Moselle, face à la tête de pont américaine de Dornot. La contre-attaque est menée simultanément sur la rive ouest, depuis Ars-sur-Moselle, par le bataillon Berg, formé avec les élèves SS de l’école des transmissions de Metz intégré à la 462e Infanterie Division. Les combats sont sans pitié et les troupes, tant américaines qu’allemandes, ne font pas de prisonniers.

 

Le 7 septembre, le Generaloberst Kurt von Einen, chef d’etat-major du XIIIe SS Armee Korps, reçoit l’ordre de tenir à tout prix les positions entre Thionville au nord, et Arry au sud de Metz. Le 10 septembre 1944, après 3 jours de combats acharnés, et 945 tués, blessés ou disparus, les Américains sont finalement rejetés sur la rive ouest la Moselle à Dornot. Alors que les Américains refluent sur Dornot, les troupes allemandes du groupe fortifié Driant organisent des contre-attaques nocturnes en direction du sud, contraignant les troupes américaines à se retrancher d’abord sur Ancy-sur-Moselle, puis sur Dornot.

 

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Alors que la tête de pont en face de Dornot est évacuée, les Américains reprennent pied sur la rive ouest de la Moselle dans le secteur d’Arnaville sous la conduite du colonel Yuill, commandant le Xe Combat Team. Pour la première fois en Europe, l’armée américaine utilise des écrans de fumigènes dans une opération offensive. L’opération menée par le 84e Chimical Engineer Compagnie est un succès. Le 12 septembre, la contre attaque allemande est prévisible. Le 37e Panzer-Grenadier-Regiment de la 17e Panzer-Grenadier-Division SS, le 8e Panzer-Grenadier-Regiment et la 103e Panzer-Abteilung de la 3e Panzergrenadier Division et le 115e Panzer-Grenadier-Regiment de la 15e Panzerdivision sont engagés aux côtés du bataillon Vogt de la 462e Infanterie-Division pour contenir la tête de pont d’Arnaville. L’artillerie de campagne allemande, soutenue par les batteries des forts Driant ( Kronprinz ) et Verdun ( Haeseler ), pilonne les troupes américaines. De son côté, l’artillerie américaine répond par un tir de barrage, tirant plus de 5700 salves sur ce secteur. L’aviation américaine du 371e groupe TAC appuie ses troupes au sol, détruisant même, par un coup au but, une batterie du fort Verdun ( Sommy ) et des batteries lourdes situées près de Mardigny. Les régiments de Panzer-Grenadier et le bataillon Vogt supportent de lourdes pertes. Plus de dix Panzers et plusieurs half-tracks allemands furent détruits ce 12 septembre 1944.

http://farm6.static.flickr.com/5173/5593393268_1ddc760031_m.jpgPour sécuriser le secteur sud de Metz et contenir les troupes allemandes dans les forts de la ligne fortifiée West-Metz, l’opération Thunderbolt, combinant des attaques aériennes et des attaques au sol sur les groupes fortifiés messins, est planifiée le 17 septembre 1944. Le groupe fortifié Driant constituera le premier objectif de l’opération. Le 18 septembre, des éléments de la division Götz von Berlichingen entrent de nouveau en contact avec des unités américaines. Le 20 septembre, le Gauleiter Bürckel déclare la partie sud-ouest du CdZ-Gebiet Lothringen « zone des armées ». Il est par conséquent interdit de franchir une ligne allant d’Apach au Donon, et passant par Sierck, Courcelles, Faulquemont, et sarrebourg. Malgré de nombreuses contre-attaques sur le secteur et des pertes très élevées, les troupes allemandes sont obligées de céder du terrain au Xe Combat Team US, reculant vers la Seille. La bataille de Metz semble à ce moment gagnée pour les troupes américaines, qui sont aux portes de Metz. Mais, le 24 septembre 1944, la IIIe armée du général Patton doit arrêter son offensive sur Metz, assurer les positions défensives sur son secteur et se porter sur la frontière hollandaise où la situation devient critique. Contre toute attente, le siège de Metz se poursuit.

http://farm6.static.flickr.com/5100/5593410680_edbb3d997a_m.jpgLe 26 septembre, les chasseurs bombardiers du 19e Tactical Air Force effectuent un raid aérien sur les forts de Metz, larguant des bombes au napalm de 500 kg. Mais les fortifications bétonnées et enterrées résistent bien à cette attaque aérienne surprise. Le lendemain, le 27 septembre, les obusiers de 240 mm du 19e Field Artillery Batallion prépare le terrain à deux compagnies d’assaut du 11e Infantry Regiment, dans le secteur du groupe fortifié Driant. Face aux troupes allemandes, exploitant au mieux le terrain et les fortifications, les troupes américaines n’arrivent pas à franchir les réseaux de fil de fer barbelé du groupe fortifié et se replient en fin de journée. Avant le 30 septembre, deux nouveaux raids aériens se montreront inefficaces pour déloger les soldats allemands, qui se terrent pendant les raids, et retrouvent leurs postes de combat aussitôt après. À la fin du mois de septembre, une partie des forces allemandes positionnées au nord est déplacée dans le secteur sud de Metz pour contenir l’offensive américaine.

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Publié dans guerre

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